collectif négatif

André Lombardo – L’émergence de la musique industrielle à Bordeaux dans les années 80 (2016)

Documentaire d’ Yves-Marie Mahé et Assia Khalid pour « Sur les docks », diffusé sur France Culture en Janvier 2016. L’écouter ici (53mn).

Bordeaux a été la capitale de l’art expérimental de la seconde moitié des années 60 jusqu’aux années 90.
En 1965, Roger Lafosse y fonde le festival Sigma. Celui-ci sera le point de passage obligé de tout ce qui comptera dans le monde de la création contemporaine internationale durant trente ans.
C’est après avoir programmé en 1981 des groupes art punk de San Francisco dans le cadre de Sigma qu’André Lombardo créera l’association de défense des musiques actuelles, DMA2 en 1984.
DMA2 a trois axes :
- Le festival « Divergences/Divisions ».
- Un label de disques.
- Un lieu de documentation sur l’art contemporain.
« Divergences/Divisions » sera l’un des plus importants festivals (avec « Berlin Atonal »). de musique industrielle des années 80 en Europe.
À l’entrepôt Lainé, devenu depuis le CAPC, ont joué lors du festival, Etant Donnés, Die Form, Ptôse, DDAA, Nocturnal Emissions, Legendary Pink Dots, Le Syndicat, Pascal Comelade, The Hafler Trio, Von Magnet, Z’ev, Merzbow…
Le groupe slovène controversé Laibach y a joué plusieurs fois.
Les anglais de « Test Department » qui ont soutenu la lutte des mineurs anglais durant l’ère thatcherienne participeront aussi à DMA2.
Ghédalia Tazartès y fera un concert avec le danseur Alain Rigout.
Le label DMA2 a édité Anne Gillis. Influen­cée par les sons et les objets de la vie quotidienne, Gillis combine ses expérimentations vocales à des sonorités mécaniques.
Alors que DMA2 s’arrêtera en 1991, Sigma connaîtra sa dernière édition en 1996.
Depuis 1999, c’est par l’intermédiaire de l’Association Présence Capitale qu’André Lombardo poursuit son action de défense des arts sonores et numériques.

avec :
- André Lombardo : Fondateur de DMA2.
- Bertrand Grimaud : Programmateur bordelais au sein de l’association « Monoquini » et témoin des festivals « Sigma » et « DMA2 ».
- Anne Gillis : Musicienne bordelaise qui à participé au 1er festival DMA2 en 1984 puis en 1988.
- Pierre Lecourt : Responsable documentation de DMA2 de 1988 à 1989. Pierre s’occupe du site « La nostalgie de la boue » qui référence toutes les archives de DMA2.
et
- Ghédalia Tazartès : Musicien qui à joué au festival DMA2 en 1987.
- Angus Farquhar : Membre du groupe londonien « Test Department » qui à joué au festival DMA2 en 1987.
- Jean-Philippe Fée : Musicien de « Déficit Des Années Antérieures » qui a participé aux festivals DMA2 en 1984 et 1986.

Catherine Cammas, André Lombardo, Anne Gillis, Philippe Fernandez et Serge Teyssot-Gay

 

La musique aux trousses – Comment Hitchcock utilise la musique 2 (2015)

Documentaire d’Yves-Marie Mahé et Charlie Marcelet pour Arte Radio en Novembre 2015. L’écouter ici (21mn).

Après avoir traité du son chez Alfred Hitchcock, Yves-Marie Mahé nous fait entendre le rôle de la musique dans son cinéma.
D’après les théoriciens, la musique de film peut être « extra-diégétique », c’est-à-dire hors de la narration – les personnages ne l’entendent pas – ou alors « diégétique » et dans la narration, c’est-à-dire produite par un objet sonore. Hithcock joue à merveille de ces deux registres.
Les instruments de musique jouent un grand rôle dans ses films d’Hitchcock, et survivent souvent à leur propriétaire.
Avec un montage ludique et dynamique de diverses séquences, on redécouvre les coups d’archet et de couteau dans « Psychose », l’influence de Béla Bartók sur Bernard Hermann, et autres délices musicaux de maître Hitchcock.

Fenêtre sur bruit – Le son chez Hitchcock 1 (2015)

Documentaire d’Yves-Marie Mahé et Charlie Marcelet pour Arte Radio en Novembre 2015. L’écouter ici (18mn).

L’inventivité visuelle d’Alfred Hitchcock est reconnue à juste titre, mais le son a aussi une importance considérable dans son cinéma.
A travers des exemples précis, nous explorons cette facette essentielle de son travail sous forme de collage ludique commenté par Yves-Marie Mahé, cinéaste et cinéphile.
On (re)découvre donc comment Hitch utilise le cri, de « Frenzy » aux « 39 Marches ». La chasse d’eau de « Psychose ». L’électro avant-gardiste des « Oiseaux ». Les bruits du dehors dans « La Corde » et « Fenêtre sur Cour ».

Michel Naudy, de l’antenne au placard (2014)

Documentaire d’ Yves-Marie Mahé et Julie Beressi pour « Sur les docks », diffusé sur France Culture en Octobre 2014 : L’écouter ici (53mn).

Figure incontournable de la critique des médias, le journaliste politique Michel Naudy est intervenu, ces dernières années, dans les films de Pierre Carles ainsi que dans le documentaire « Les nouveaux chiens de garde ».
Michel Naudy était un des rares journalistes communistes entrés à la télévision en 1982 à la suite de la victoire de Mitterrand due au programme commun.
Ancien chef de service de « L’humanité », il était un intellectuel qui s’exprimait de manière très claire avec une réflexion vraiment originale.
Michel Naudy était critique même envers les gens de sa sensibilité politique (ce qui lui vaut d’écrire « PCF le suicide » en 1986).
Plusieurs de ses émissions (si ce n’est pas toutes) ont eu des difficultés avec les directions des chaines.
Il est rédacteur en chef et fait la revue de presse ironique du magazine hebdomadaire « Taxi » (1986) sur FR3 qui sera supprimée après un reportage sur le trafic d’armes et recevra de manière posthume le sept d’or du meilleur magazine d’actualité.
Michel Naudy co-fonde la revue « Politis » qu’il quittera à la fin de l’année 1988.
La même équipe que « Taxi » animera l’émission mensuelle « Hors sujet » durant la saison 1990/91.
Après « Un crime d’état » (1993), Michel Naudy enquête et publie « Le dossier noir de la police des polices » (1994) qui permettra la libération d’un innocent. Défendre un policier isolé lui permet de faire le procès de la police. Le film « 36 quai des orfèvres » en est inspiré.
En 1995, il est le rédacteur en chef de l’émission précurseur de l’analyse des médias « Droit de regard » sur France 3. Après 4 mois, l’émission sera supprimée après avoir diffusé un sujet critique sur la manière dont la seconde chaine a couvert l’élection.
Il sera au placard durant 18 ans (un record). C’est à dire qu’il sera, comme il le disait lui même, non pas payé « à ne rien faire » mais payé « pour ne rien faire ». Les postes qu’il occupait avaient des dénominations fantaisistes.
En 2003, après avoir été responsable du MARS (Mouvement pour une Alternative Républicaine et Sociale), Michel Naudy est l’un des fondateurs du Parti de Gauche.
En 2007, il est candidat sous l’étiquette PCF aux législatives en Ariège avant de fonder en 2009 le journal du Cercle Lakanal.
Les enquêtes que Naudy et son équipe y ont mené ont débouché sur les mises en examen d’élus locaux dans l’affaire CRP Consulting.
En 2011, il participe au documentaire « Les nouveaux chiens de garde ». Il y dit qu’on ne reste pas à l’antenne impunément.
Michel Naudy est retrouvé mort à son domicile en Décembre 2012, à l’âge de 60 ans. L’enquête concluera à un suicide.

avec :
Philippe Alfonsi, producteur de l’émission hebdomadaire « Taxi » et du mensuel « Hors sujet » sur FR3 de 1986 à 1991.
Bernard Loche, journaliste de « Taxi » et rédacteur en chef de « Hors sujet ».
Rémi Galland, cofondateur du journal hebdomadaire « Politis » en 1988.
Serge Halimi, directeur du « Monde diplomatique » et rédacteur du livre « Les nouveaux chiens de garde » en 1997.
Yannick Kergoat co-réalisateur du documentaire « Les nouveaux chiens de garde » où intervient Michel Naudy en 2011.
Fernando Malverde, journaliste de France 3 Ile-de-France et syndicaliste du SNJ-CGT.
Jean-François Téaldi, rédacteur en chef dans l’audiovisuel public.
Aline Paillet, ancienne député européenne et présidente de la société des amis de Joseph Lakanal.

Merci à Marc Endeweld, Pierre Carles et Jean-Pierre Petitguillaume.

Michel Naudy dans "Les nouveaux chiens de garde"

L’underground musical français post-68 et pré-punk (2014)

Documentaire d’ Yves-Marie Mahé et Nathalie Salles pour « L’Atelier de la création », diffusé sur France Culture en Février 2014 : L’écouter ici (56mn)

Placé entre deux mouvements musicaux médiatisés (le yéyé et le punk), la génération underground, de 1968 à 1977, est méconnue en France.

Cette musique fut celle d’une jeunesse militante qui a cru en la révolution.

N’étant pas de purs hommes d’art isolés de toute réalité, ces artistes, en mettant la main à l’organisation économique, ont su trouver une cohérence entre leurs idéaux et leurs pratiques de la musique. L’auto-production s’est donc faite naturellement pour cette génération de musiciens.

La musique underground était diverse : on y trouvait de la musique progressive mais aussi de la chanson barrée comme Brigitte Fontaine ou Albert Marcoeur, du free rock comme Red Noise et Camizole ou les prémisses de la musique électronique avec Richard Pinhas et Heldon.

Cette période fut aussi celle d’une véritable évolution technique avec l’apparition du synthétiseur et de la boite à rythme.

Ce fut également l’apparition des labels « Saravah », « BYG » « Futura », « Disjuncta » ou « Cobra ».

Le label Cobra où l’on trouve des musiciens de rock progressif (Pinhas, Heldon, Lard Free ou Urban Sax) produisit le premier 45t punk de Métal Urbain, groupe qui utilisait aussi des synthés et boites à rythmes.

Ces dernières années, les éditions « Le mot et le reste » ont consacré quelques livres à ce mouvement dont l’ouvrage d’Eric Deshayes et Dominique Grimaud « L’underground musical en France ».

L’émission n’a pas pour but de tenir un discours nostalgique mais de traiter de la naissance d’un mouvement, l’auto-production, qui est plus que jamais d’actualité.

Les musiciens intervenants dans l’émission sont toujours en activité, sortent de nouveaux disques et font régulièrement des concerts.

Avec :

François Tusques, pianiste de free jazz et accompagnateur de Colette Magny.

Albert Marcoeur, chanteur et compositeur de chanson expérimentale.

Richard Pinhas, musicien électronique de « Heldon » et fondateur du label « Disjuncta ».

Luc Marianni, musicien électronique et critique.

Dominique Grimaud, musicien de « Camizole » et co-auteur de « L’underground musical en France ».

Frank de Quengo, musicien de « Dragibus », disquaire de « Bimbo Tower », programmateur du festival « Sonic Protest » et éditeur du label « Poutre apparente ».

et

Pierre Barouh.

Brigitte Fontaine.

Colette Magny.

Zip Zinc.

Patrick Vian de "Red Noise" avec sa guitare devant les CRS en Mai 1968

Quel « salope » ? (2013)

Documentaire d’ Yves-Marie Mahé et Nathalie Salles pour « L’Atelier de la création », diffusé sur France Culture en Février 2013 : L’écouter ici (55mn)

Par ce titre, il s’agit d’interroger l’usage du mot « salope ». Pour cela, il faudra tenter de comprendre pourquoi précisément l’utilisation de ce mot est « nécessaire » à quelques hommes (en gros, pour eux, n’importe quelle occasion de dire ce mot est la bonne…). Il ne s’agit bien évidement pas d’excuser mais de comprendre par une approche critique de l’usage de ce terme.

Pour cela, on traitera de diverses utilisations, qu’elles se veuillent insulte phallocrate, compliment coquin, ou slogan anarchiste (l’expression « crève salope »).

- L’ETYMOLOGIE : Pourquoi l’utilisation du mot « salaud » ne désigne pas la même chose que le mot « salope » ?

- L’INSULTE PHALLOCRATE : Récemment, Sofie Peeters, une jeune femme bruxelloise a filmé son quotidien. Elle ne peut pas se balader dans la rue sans se faire insulter et notamment traiter de « salope ».

- LE COMPLIMENT COQUIN : « Je ne suis pas le dernier à l’utiliser le mot « salope » à toutes les sauces : un mec que je considère comme un fumier est une salope (sans aucune connotation sexuelle), mais je ne pourrais pas aimer une femme qui ne soit pas une salope (avec connotation sexuelle). Dans le premier cas, c’est une injure ; dans le second, c’est un hommage. » Jean-Pierre Bouyxou.

- LE MANIFESTE DES 343 SALOPES :  Renommé en 1971 par « Charlie Hebdo », le « Manifeste des 343 salopes » est en faveur du droit à l’avortement et signé exclusivement par des femmes.

- L’EXPRESSION POLITIQUE « CREVE SALOPE » : L’insulte est conceptualisée politiquement, la « salope » désignant ici l’autorité. Avant d’être la première chanson de Renaud, ce fut d’abord un tract, rédigé entre autres par Jean-Pierre Bouyxou et publié à Bordeaux en avril 1968.

« Je n’ai pas inventé l’expression, que j’ai entendue tout au long de mon enfance (elle était très usitée, de façon extrêmement péjorative, sur le port de Bordeaux). Je me suis contenté de la reprendre dans le tract. C’était l’intrusion brutale du langage le plus populaire – et le plus délibérément ordurier – dans le contexte d’un propos politique. » Jean-Pierre Bouyxou.

Avec :

Laurent Goumarre, producteur du « Rendez-Vous »

Emeric De Lastens, critique à « Vertigo »

Jean-Pierre Bouyxou, rédacteur du tract soixante-huitard « crève salope »

Nikus Pokus, musicien de rap, ex « Svinkels »

Bibia Pavard, universitaire

Genevieve Fraisse, philosophe CNRS

Riss, directeur de la rédaction de Charlie Hebdo

et Anna

ainsi que :

Alain Sarde

Annie Girardeau

Laurent Poitrenaux

Renaud

Simone De Beauvoir

Jean Luisi

Laurent Gamelon

Bernard Giraudeau

Daniel Gélin

Guy Bedos

Patrick Devedjian

Professeur Choron

Marie France

Juan Rozoff

et Sofie Peeters

Charlie Hebdo n°21

Pierre Schaeffer et le service de la recherche de l’ORTF (2012)

Documentaire d’ Yves-Marie Mahé et Nathalie Salles pour « L’Atelier de la création », diffusé sur France Culture en Septembre 2012 : L’écouter ici (56mn)

Après avoir inventé la musique concrète et créé le centre de recherche musicale GRM, Pierre Schaeffer fonde et dirige le service de la recherche de l’ORTF de 1960 jusqu’en 1974.

Le service traverse les évolutions de la télévision comme la naissance d’une deuxième chaine en 1964, le passage du noir et blanc à la couleur en 1967, l’apparition de la publicité en 1968 et la création d’une troisième chaine en 1972.

Il compte 4 groupes de recherches :

- Le groupe de recherches musicales (avec des musiciens comme Luc Ferrari, Bernard Parmegiani, Beatriz Ferreyra ou Robert Cohen-Solal).

- Le groupe de recherches images (avec des cinéastes proches de l’animation comme Piotr Kamler ou Peter Foldes).

- Le groupe de recherches technologiques qui met au point de nouvelles machines de traitement du son et de l’image (comme l’animographe ou le développement de l’expérimentation vidéo). Avec l’animographe, les animateurs dessinent sur des bandes perforées de 70 mm de large : « Pas question de faire Blanche Neige là-dessus ! ». En revanche, les dessins simples de Jacques Rouxel, le créateur des Shadoks, s’adaptent parfaitement aux contraintes de cette machine.

- Le groupe d’études critiques. Le service pratique une analyse critique des médias (telle l’apparition des sondages en 1967 qui est contestée par Schaeffer).

Les liens sont constants et il y a de nombreuses passerelles entre ces groupes (notamment le questionnement du lien image / musique). L’image est utilisée comme support de la musique ou au contraire comme prétexte à la création musicale.

La relation de la télévision au public est interrogée (par exemple, la diffusion des Shadoks provoquant parfois des incompréhensions, il est crée l’émission « Lettre aux spectateurs des Shadoks » pour répondre au courrier).

L’éducation est questionnée avec de nombreuses émissions qui traitent de l’école.

Les jeux y sont très imaginatifs, telles les émissions de Jean Frapat qui créent des dispositifs ludiques.

L’expérimentation y est au service d’une évolution du paysage culturel, scientifique et social.

avec

Pierre Schaeffer, directeur et compositeur

Thierry Garrel, producteur

Luc Ferrari, compositeur

Pierre Henry, compositeur

Piotr Kamler, cinéaste

Beatriz Ferreyra, compositrice

Bernard Parmegiani, compositeur

Peter Foldes, cinéaste

Jacques Rouxel, animateur

Robert Cohen-Solal, compositeur

et

Jean Yanne, lecteur

Daniel Prévost, chercheur

Claude Piéplu, voix off

Claude Lévi-Strauss, structuraliste

Pierre Dumayet, journaliste

Vladimir Jankélévitch, philosophe

Roger Hanin, présentateur

Gregory Pincus, inventeur de la pilule

Robert Masson, taxi

Equipe du GRM dans le studio 54 du centre Bourdan

Le machisme dans le cinéma X (2011)

Entretien illustré d’archives avec Jean-Pierre Bouyxou sur la phallocratie courante au sein de la pornographie industrielle enregistré en Mai 2011 et diffusé dans l’émission « Les oreilles libres » sur Radio Libertaire en Février 2012 :

L’écouter ici (37mn)

Il y est question de Jean Rollin, Jim et Artie Mitchell, Didier Philippe-Gérard, Michel Ricaud, Nagisa Oshima, Jean-Louis Bory et Guy Skornik.

De la pisse dans le bénitier (2004)

Documentaire sur le cinéaste Jean-Pierre Bouyxou, par Yves-Marie Mahé et Thomas Dutter pour « Surpris par la nuit », diffusé sur France Culture en Juillet 2004 : L’écouter ici (90 mn).

DE LA PISSE DANS LE BENITIER
La première fois que j’ai vu les films de Bouyxou, ils m’ont semblé une évidence. Tu sais, comme quand tu découvres un morceau comme « Fier de ne rien faire » des Olivensteins et que ça te semble tellement juste et proche que tu as l’impression que ça sort de ton propre cerveau (ou d’une partie moins propre de ton corps !).
Du coup, je me suis dit que j’allumerais bien la radio pour en savoir plus sur Jean-Pierre Bouyxou.
Mais comme ce programme n’existait pas, pour l’entendre il fallait le faire.
C’était possible sur une radio publique qui rappelle qu’en france, il y a autant de culture que d’inter (d’ailleurs, je sais pas ce que ça veut dire « inter », je comprends pas le latin !).
Je mis suis donc mis sans rien y connaitre et en essayant de faire simple et logique.
La première chose que je décidais donc, en toute logique, fut de ne pas écouter cette radio pour ne pas brider mon imagination. En effet, trop de fois aprés avoir lu un résumé, j’avais fantasmé un film ou autre chose et à leur vision m’était retrouvé déçu.
La forme de l’émission découla du contenue.
Avec quelques partis pris tout de même:
L’émission se construit avec les intervenants qui se répondent comme dans « Nos années punk » de Christian Eudeline (lui même inspiré de « Please kill me » de Legs McNeil et Gillian McCain).
Il y a une légère mise en abyme à la fin.
Il y a aussi le moins possible de témoignages accompagnés de musique qui masque le propos et rend ce qui est dis plus lisse. Je voulais que l’émission sois passionnante mais sans user d’artifices de bâtards ! (C’est à dire, sans utiliser le mot « bâtard » comme je viens de le faire !).
Une anecdode pour vous mettre en bouche:
Ayant lu dans l »Anthologie de la subversion carabinée » de Noël Godin que Bouyxou avait été accusé d’avoir profané des tombes, je lui demandais des détails. Ce à quoi, de manière si juste, il me répondit :
« Tu crois quand même pas que j’encule les morts ! ».
C’est vrai que, effectivement, je ne voyais pas non plus l’intérêt de ma question.
Sinon, à part ça, tout y est !

(Texte paru dans la revue Lunatique 78-79 avec un dossier sur Jean-Pierre Bouyxou, 2008)

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